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Cent ans de solitude


Miser sur la vie comme on joue à la roulette russe
Faire tourner le barillet et la seule balle qu’il contient
Démonter les hommes comme on joue aux poupées russes
Eprouver le tranchant de ma lame sur le dessus de ma main
Se tenir debout fier et inflexible
Face à la mascarade de mon existence risible
Regarder droit dans l’esprit de celui qui est mon juge
Le laisser lire sur mon visage
Que la peine qu’il veut que je purge
Ne m’inspire ni crainte ni regret
Parce que je tiens mon passé
Pour le meilleur de ce que j’ai fais
Comprendre que le juge se fout bien de mes actions
Et qu’il n’est pas là pour me mettre en prison
Le juge n’était pas la pour appliquer une sentence
Mais pour me révéler à mon existence…

J’ai finis par mettre le bonheur dans une petite boite
J’ai finis par en faire un souvenir…
Le juge s’en est allé sans formuler ma peine
Le juge s’en est allé sans que je saches ce qui allait m’advenir.

Ainsi j’ai passé…
Passé cent ans dans la plus pure solitude
Passé cent ans à voir les hommes mourir
Passé cent ans pétri d’incertitude,
Passé cent ans à rester et à vouloir partir.

A être le témoin de la guerre
Sans jamais pouvoir y prendre part
A attendre le retour des hommes sur leur terre
Pour constater qu’après la guerre
Les hommes sont toujours autre part.

A compter les rides et les cicatrices
Caresser le crépis des visages asséchés
A faire trop des gestes inutiles
Quand il y a plus de crevasses que de peau
L’homme ne sait plus être touché.

A être seule à côté des hommes
Savoir les hommes seuls les uns à côté des autres
A vouloir se faire être prophète,
A vouloir se faire être apôtre
Mais à n’avoir aucun idéal,
N’avoir aucun Dieu à se vouer
Retrouver l’odeur des rues sales
Et savoir pourquoi les hommes
Ne font plus rien d’enchanté.

Je crois en l’homme et à Dieu en lui
Mais les hommes se foutent
De toutes ces facéties !
Alors haïr le cynisme morose et terne
Des hommes qui n’arrive même plus à sentir la peine !
Avoir envie de faire du mal
Pour rappeler que moi même je souffre
Remarquer très vite l’inutilité de se donner du mal
A vouloir tenter de remplir un gouffre…

Et tout le mal que j’ai voulus faire
Et tout le mal que j’ai eu à subir
Se divise à part égale
Chez tous les hommes
Même les richesses sont sales
Quand elles s’étalent en aumônes…

Passé cent ans à
Vouloir être celle,
N’être jamais plus que soi
A n’être qu’une parcelle
Sur son étendu hostile
Qui me rappelle
Que je ne suis qu’une parmi cent mille.

Passer… cent ans dans la plus pure solitude
Maudire l’amour des hommes partis
Passer cent ans dans l’incertitude
Que ce que j’ai aimé m’a aimé aussi…

J’ai passé cent ans dans la plus pure solitude
A maudire l’amour des hommes partis
J’ai passé cent ans pétri dans l’incertitude
Que ce que j’ai aimé m’a aimé aussi.

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