La forêt dans la chevelure

Il démêle lentement
Mes longs cheveux
De crin, de paille puis de soie,
S’écoule le long de mon dos
Les restes de la crème
S’écoule le long de ses mains
Les restes de mes problèmes,
Qui s’échoue doucement en gouttes
Dans l’eau devenue trouble,
Nous nageons dans les soucis
Réduit à si peu
De mes cheveux.
Les noeuds défais par ses soins
Se tordent sous la douceur
De la crème et du peigne
Chevelure criante
Affreux noeuds d’hystérie
Finissent par abdiquer
Et retourne au paradis
Au paradis des soucis
Au paradis des problèmes
Mort de la main de celui qu’on aime.
Il démêle lentement
Mes longs cheveux
D’ébène, de chêne puis de glaise
Qui s’enroulent avec langueur
Aux doigts qui les apaisent.
Les malaises mis à mal,
Tombe dans l’eau en goutte
Si lourdes, comme en pierre en opal
Et nous nageons en eau trouble.
Allégée des cent soucis
Qui s’emmêlaient sur la tête
Adieu… Adieu les problèmes.
Sculpté dans la souplesse,
Leur plastic arrogant
Se tait sous les assaults
Du silence de l’argile;
Et deux mèches assoupies
Se prennent pour des sirènes
Sur la plage de mes épaules
Dénudées de leurs carcans.
Dénués de leur peine
Nudistes ingénus placides,
Mes cheveux s’affichent
Dans leur plus simple appareil.

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