Fracture sensible

Y’a forcément eu un jour ou t’as sentis la fracture du monde résonner dans le fond de ta gorge,
A un moment ou t’avalais un peu de salive épaisse et blanche.
La salive des bouches séchées d’angoisse et de produits illicites.
La sentir dans les intestins qui se tortillent en souffrance,
Des fois en boule dans le lit avec une prière d’insultes et de désespoir
Pour un prophète en qui tu voudrais croire.
Et puis tu t’es enfoncé dans cette fracture grandiose, plus grande que toi,
Comme on s’enlise dans les ténèbres à contre coeur mais sans résistance.
Une main quelque part dans ton champs de vision
Qui se tend mais qui te pousse toujours plus profond.
Comme le bonheur qui aiguise sa lame le long de ton cou.
Un jour t’avais dis : j’ai changé..! J’ai changé…
Je vais changer de vie, changer de vernis,…
Changer de direction, de mascara, changer de masque…
Tu penses changer de culotte tous les jours, mais tous les soirs
Ca sent la même odeur moisie que tu te penches ivre sur ta vessie
remplie d’alcool.

Tu as finis par installé ton lit au milieu des fragments
Des morceaux cassé en trop de fraction
« Quoi tu comptes encore ? » Non ce ne sont que des bouts
De temps qui s’égrènent à mon chevet.
J’habite dans mon lit
Sur mon île

Plages de cadavres placides et bouches bées, comme la tienne,
Bras invalides jambes inertes, comme ton corps,
Quand on croit faire face aux démons des fois on finit par se voir en miroir
La fracture, la mort, une similitude ou l’absence de différence
C’est ni l’enfer ni le paradis, c’est juste fini.
Qu’est-ce qui y’a après ? Que dalle, nous avons enterré le bon dieu.
Panneau, pancarte : La religion est mauvaise pour la santé
Et l’obscurantisme grandit sur la terre de mon besoin de croire.
Moi je croyais que mon coeur n’était pas si con
Que si un jour j’ai pleuré pour le Caravage, c’était pour ses mains, ses yeux,
Et dedans l’amour d’un prophète.

Elle est bonne la blague.
Alors on dit tous bien fort : « Bonsoir le Grand Capital ! » –
On va boire le vin du sang de tes enfants.
On va en verser sur les murs que tu montes et que tu effondres.
On va reproduire le cercle du temps.
Et puis on fera couler dans mes veines le poison de ta luxure.
Je m’endormirais la tête sur tes genoux ivre d’injustice
Et de croyance aussi absurde que l’athéisme le plus violent.
Plus tard je m’éveillerais avec une gueule de métal
Et il y a de fortes chances pour que je sois devenue un robot.
A ce moment il n’y aura plus de fractures, ni de salive,
Ni de prophète, ni vessie, ni démons, ni cadavres
J’aurais oublier le Caravage depuis 100 ans,
Je n’aurais plus de mains, ni d’yeux ni d’amour.
Ni Dieu ni d’amour.

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